Rénovation urbaine et cadre de vie

Le projet de loi portant Evolution du logement, de l’aménagement et du numérique (Elan), transmis au Conseil d’Etat fin février, devrait être présenté en conseil des ministres le 4 avril 2018. Il compte 66 articles répartis en quatre titres.

Zoom sur les points saillants concernant les collectivités (Localtis, 6 mars 2018)

A lire également : “Le Mouvement HLM trouve que le projet de loi Elan est une boîte à outils “pas inintéressante” (Localtis, 9 mars 2018)

 Villes moyennes : des centres en mode survie. Vincent Grimault, Alternatives Economiques, 20/02/2018

La supposée crise des villes moyennes est avant tout une crise des centres-ville. Les rideaux de fer qui s’y baissent font oublier ceux qui se lèvent sur la zone commerciale périphérique. De même que les appartements vides sont plus marquants que les lotissements qui poussent dans les villages voisins.

Qu’arrive-t-il donc aux centres-ville ? Le premier problème est démographique : dans les villes moyennes les plus en difficulté, les centres se dégarnissent au profit des zones périurbaines et du rural proche. La part des logements vides est « nettement plus élevée dans les pôles urbains que dans leurs couronnes », confirmait début janvier la Fédération nationale de l’immobilier (Fnaim). « Les familles ont tendance à quitter les centres-ville et leurs logements souvent exigus et peu pratiques pour avoir maison individuelle et jardin. Ceux qui restent sont les jeunes, les retraités et, de façon plus générale, les pauvres », constate Jean-Claude Driant, professeur à l’Ecole d’urbanisme de Paris. Cette paupérisation des centres entraîne des problèmes en cascade, détaille le chercheur Yoan Miot : « Le cadre de vie se dégrade, les marchés immobiliers sont déprimés et les bailleurs sociaux sont très fragilisés. » Tout comme les finances des communes concernées.

Lire la suite de l’article sur le site d’Alternatives Economiques

L’Habiter, un impensé de la politique de la ville. Pour un renouvellement du sens de l’action. Barbara Allen et Michel Bonetti. Editions de l’Aube, 2018. 352p.

Cet ouvrage, nourri par de nombreuses recherches et interventions dans les grands ensembles d’habitat social, révèle la diversité de ces quartiers et des modes d’habiter de leurs occupants. Il montre l’importance que représente l’habitat pour ces personnes, et le rôle décisif qu’il joue dans leur inscription dans la société. Dépassant les vaines oppositions entre urbain et social, conditions de vie et cadre de vie, il met en évidence les interactions entre les situations socio­-économiques des habitants, la conception des espaces urbains et leur gestion, ainsi que les politiques publiques qui contribuent à façonner modes d’habiter et situations habitantes.
Cette analyse réinterroge les fondements de la politique de la ville et propose une nouvelle conception de l’action.

L’Association des maires de France (AMF) a annoncé début janvier la publication du guide “Le maire, le président d’intercommunalité et la lutte contre l’habitat indigne”, fruit d’un travail mené en partenariat avec l’Agence nationale pour l’information sur le logement (Anil) et la délégation interministérielle à l’hébergement et à l’accès au logement (Dihal). Mis en place en 2014 et présidé par Pierre Jarlier, le groupe de travail “habitat indigne” a eu l’idée de cet ouvrage car “il n’est pas toujours facile d’identifier quelles sont les procédures à mettre en œuvre en fonction de la situation et quelles sont les responsabilités des différents acteurs impliqués”.
Ce guide de 72 pages présente les dispositions juridiques et les autorités responsables de leur mise en œuvre ; des outils de repérage et de gestion exercés par les maires (et par les présidents d’EPCI en cas de transfert et de délégation), les différentes polices et procédures de lutte contre l’habitat indigne, les aides financières existantes, notamment celles de l’Anah…
L’ouvrage avait été présenté en octobre dernier, au siège de l’AMF, dans le cadre d’une table ronde. Tous les intervenants avaient témoigné de la nécessité de sensibiliser les maires pour les aider à repérer l’habitat insalubre dans leur commune, rappelant que la notion recouvre “l’ensemble des situations de logements présentant un risque pour la santé et la sécurité des occupants ou des tiers”.
Un consensus s’était par ailleurs dégagé autour de la nécessité de renforcer la technicité des intercommunalités tout en laissant au maire le soin de gérer la proximité… Un sujet qui devrait ressurgir dans le cadre du projet de loi Logement-Elan, le groupe de travail “habitat indigne” ayant initialement vocation à réfléchir à des simplifications législatives. L’idée serait de renforcer la fonction d’ “acteur unique” de l’intercommunalité tout en renforçant les pouvoirs de police générale du maire pour lui permettre d’agir efficacement sur les situations d’urgence immédiate. Pour Pierre Jarlier, la distinction entre “indécence” (qui relève du bloc local) et “insalubrité” (qui relève de l’ARS) “ne tient plus” !
Environ 420.000 logements du parc privé occupés en métropole et 70.000 logements dans les départements d’outre-mer entrent dans le champ de l’habitat indigne.

Accès au guide sur le site de l’AMF

Les organismes Hlm bénéficient depuis 2001 d’un abattement de 30% sur la taxe foncière sur les propriétés bâties (TFPB) des logements sociaux situés en zone urbaine sensible, mesure appliquée depuis 2015 aux QPV et désormais rattachée aux contrats de ville.

Ce premier bilan réalisé par l’Union sociale pour l’habitat (USH) pour l’année 2016, montre que l’abattement est non seulement un soutien financier à cet effort mais également un levier pour établir un dialogue entre partenaires gestionnaires des quartiers politique de la ville et pour promouvoir des démarches de projet dans le domaine de la gestion, démarches qui sont sans cesse à renouveler et à redynamiser.

Accéder au dossier réalisé par l’USH (novembre 2017)

Rénovation urbaine et changement social. Entretien avec Henri Coing. Par Emmanuel Bellanger & Pierre Gilbert, Métropolitiques le 06/11/2017.

Henri Coing est l’auteur dans les années 1960 d’une enquête, devenue un classique en sociologie et en études urbaines, sur la rénovation urbaine d’un quartier populaire parisien. Dans cet entretien réalisé en janvier 2017, il évoque son histoire personnelle, son parcours et la manière dont son étude éclaire les politiques contemporaines de rénovation urbaine.
En 1966, Henri Coing publie Rénovation urbaine et changement social ; l’ouvrage est tiré de sa thèse de sociologie fondée sur une enquête de trois ans dans un quartier du 13e arrondissement de Paris (l’îlot n° 4, entre les rues Jeanne-d’Arc et du Château-des-Rentiers) en cours de rénovation urbaine. À partir de cette monographie de quartier exemplaire, l’auteur montre la manière dont une transformation architecturale et urbanistique vient bouleverser la communauté de quartier, ses modes de vie, ses aspirations et les relations entre ses membres. Il souligne les orientations et l’impact de cette politique, qui, en transformant la morphologie d’un îlot, finit par modifier son peuplement et affecter les liens de ceux qui y vivent. En se gardant de surestimer le rôle de l’espace dans les processus de changement social, Henri Coing décrit comment la rénovation urbaine agit comme un révélateur et un accélérateur de mutations déjà en cours, permettant de saisir à la façon d’un précipité les transformations sociales, urbaines, économiques et démographiques qui bouleversent la société française au cours des Trente Glorieuses.

Lire la suite de l’article sur le site de Métropolitiques

Villes et Territoires LR a organisé le 12 octobre dernier, à Montpellier, une journée d’échanges sur le thème : “Projets de renouvellement urbain : quelles démarches de co-construction avec les habitants ?”, destinée aux équipes projet renouvellement urbain et contrat de ville des collectivités, aux services de l’Etat, délégués du préfet et bailleurs sociaux.

Présentation
Les nouvelles orientations de la politique de la ville issues de la loi du 21 février 2014 de programmation pour la ville et la cohésion urbaine font de la « co-construction » avec les habitants des projets de renouvellement urbain une ambition forte du nouveau programme de renouvellement urbain (NPNRU). La phase actuelle des études, relative à la mise en œuvre des protocoles de préfiguration, est un moment privilégié pour engager ce travail de co-construction du projet avec les habitants. Cette étape constitue en effet l’espace des réflexions et des validations successives pour l’élaboration de ce projet.

Quelle place des habitants dans les démarches d’élaboration du projet de renouvellement urbain ? Comment prendre en compte leur « expertise d’usage » ? Quelles fonctions et quelles modalités de fonctionnement de la maison du projet ? Il s’agit de quelques-unes des questions qui ont été abordées lors de cette journée, à travers les retours d’expériences de plusieurs territoires de la région Occitanie (Nîmes, Pamiers, Toulouse) et d’un territoire de la région PACA (Miramas). Au préalable, Chantal Talland, directrice de l’école du renouvellement urbain, a apporté des éléments d’analyse sur les enjeux (en termes d’objectifs, de méthode, de freins à surmonter et d’effets attendus) de cette exigence de co-construction avec les habitants des projets de renouvellement actuellement en cours d’élaboration.
Rappel du programme de la journée

La co-construction avec les habitants des PRU : rappel des attendus, clarification des enjeux, points de vigilance, par Chantal Talland, directrice de l’école du renouvellement urbain (ERU)
Accéder au support de l’intervention de Chantal Talland et au Film de présentation de la formation mis en place par l’ERU à destination des conseils citoyens

1ère table ronde : Quelle place pour les habitants dans la démarche d’élaboration du projet de renouvellement urbain ?

L’exemple de Nîmes Métropole / ville de Nîmes : support de l’intervention

L’exemple de la ville de Pamiers (Ariège) : support de l’intervention
Entretien avec Bérangère Deluc, directrice du projet de renouvellement urbain de Pamiers – NPNRU
Communauté de Communes des Portes d’Ariège Pyrénées

 
L’exemple de la ville de Miramas (Bouches du Rhône) : support de l’intervention
Entretien avec Jérôme Marciliac, directeur du service politique de la ville à Miramas

Les “livrets habitants” réalisés dans le cadre de la démarche conduite à Miramas sont accessibles ici.

2ème table ronde : Quelles missions et quel mode de fonctionnement de la maison du projet ?

Les maisons du projets récemment inaugurées à Nîmes : support de l’intervention
Les maisons du projets à Toulouse : support de l’intervention
La maison du projet à Miramas : voir l’entretien ci-dessus.

Bouquet d’expériences relatives à la revitalisation des centres-bourgs et centresvilles. Groupe Caisse des Dépôts. Mise à jour septembre 2017. En ligne.

La désertification des centres-ville n’est pas une fatalité. Des territoires trouvent des solutions pour réduire la vacance des commerces et des logements, et pour résorber l’habitat insalubre. Du diagnostic à la stratégie globale, de l’appui sur les ressources locales et les initiatives publiques ou privées, les expériences présentent des solutions : action sur le logement, le commerce, les espaces publics, manager de centre-ville, boutiques test, boutiques éphémères….
Le groupe Caisse des Dépôts fait un point sur des expériences de revitalisation recueillies par Territoires Conseils auprès d’élus et de techniciens de collectivités et d’intercommunalités.

Accès au bouquet sur le site de la Caisse des Dépôts

« Banlieues » : entre imaginaires et expériences. Sous la direction de Elisa Bricco, Serena Cello, Catherine Douzou et Nancy Murzilli. Revue Itinéraires, 2016-3

Ce numéro propose des interrogations concernant les représentations contemporaines des banlieues et des espaces périurbains. Si, à l’origine, la « banlieue » désigne un espace géographique et administratif, il renvoie toutefois depuis longtemps à son usage métaphorique comme « inscription territoriale d’une question sociale ». C’est du moins la lecture que nous en donnent les médias, une lecture qui tend à superposer à ce terme des représentations souvent partielles et partiales de ce que l’on nomme les « quartiers sensibles ». Contre l’uniformisation et la généralisation d’un tel usage de ce terme, il nous a semblé urgent d’en interroger le sens, en mettant en regard les imaginaires et les expériences qui lui sont associés. Prendre en considération la polysémie du mot « banlieues » est une manière de rendre justice non seulement à la diversité des réalités auxquelles il renvoie, mais aussi à la multiplicité des représentations dont il est l’objet. Le numéro aborde ces questions en développant des points de vue différents : celui des géographes, des sociologues et des urbanistes, celui des écrivains et des artistes.

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Site Patrimonial Remarquable : population et logements – Septembre 2017. 16 p.

L’agence d’urbanisme et de développement des régions nîmoise et alésienne (A ‘U) a réalisé pour la Ville de Nîmes, une analyse des dynamiques socio-démographiques et des évolutions du parc de logements à l’œuvre depuis 1990, dans le Site Patrimonial Remarquable nîmois, appelé plus communément l’Ecusson.
En effet, dans le cadre des études d’extension de son Site Patrimonial Remarquable (SPR), la Ville a souhaité mieux connaître les habitants et le parc de logements de l’Ecusson, centre historique de la ville.

A partir des données Insee, l’A’U apporte un éclairage sur les caractéristiques démographiques, économiques et sociales de la population habitant dans le périmètre actuel, ainsi que sur le parc de logements. Rajeunissement, embourgeoisement, diminution de la taille des logements, les informations sont nombreuses et riches d’enseignements.
Accès au document sur le site de l’A’U

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